Prix MPF-René Fontaine

Renaud et Florence Zimmermann, adhérents de Maisons Paysannes du Rhône, ont reçu le PRIX MPF-René Fontaine le dimanche 5 novembre, lors du Salon International du Patrimoine Culturel, au Carrousel du Louvre. Ce prix, remis par l'agence immobilière Patrice Besse, couronne les travaux de restauration effectués dans les règles de l'art par la famille Zimmermann dans leur résidence principale La Devillière à Chuzelles, dans l'Isère.
La Devillière est une ancienne « maison des champs » édifiée au milieu du XVIIIe par une famille de notables en Dauphiné. En 2000, lorsque les Zimmermann l'achètent, elle devait être détruite par un promoteur pour en faire 7 logements. Le souci d'authenticité a été le fil conducteur de cette restauration, avec la recherche du détail dans le choix des matériaux (tomettes anciennes et pierres récupérées, quincaillerie XVIIIe...) et des techniques mises en œuvre.
Ce prix est d'autant plus mérité que les propriétaires ont réalisé eux-mêmes la majorité des travaux.

DISCOURS PRIX MPF

Nous tenons tout d’abord à remercier les membres du jury et M. Patrice Besse qui nous ont décerné le prix Architecture et Patrimoine 2017. C’est pour nous une grande reconnaissance. La Devillière est témoin de ce que fut une « maison des champs de notables en Dauphiné » au XVIIIe siècle.
En 2000, lorsque nous avons repris cette maison abandonnée, elle devait être détruite par un promoteur pour faire place à 7 logements neufs.
C’est le souci d’authenticité qui nous a guidés dans les moindres détails : clous en fer forgé et targettes XVIIIe, tomettes anciennes et pierres anciennes récupérées. Le béton et le ciment ont été éradiqués, puis remplacés par des mortiers de chaux.
La plupart de ces travaux ont été réalisés par nous-mêmes grâce aux conseils et aux formations de l’extraordinaire association « Maisons Paysannes de France, délégation du Rhône » que nous remercions tout particulièrement aujourd'hui.
Nous tenons à souligner que l’obstacle majeur, pour les artisans dans un bâti non classé, est le respect des normes actuelles inadaptées au bâti ancien. Impossible par exemple de trouver un maçon qui accepte de réaliser une dalle de chaux et non une dalle de béton de 14 cm sur un film plastique. Nous avons dû nous battre constamment pour finalement réaliser souvent les travaux nous-mêmes.
Or de nouvelles normes risquent de nuire plus encore au patrimoine.
Le projet de mise aux normes énergétiques classe A ou B pour tout bâti ancien, sans distinctions, nous semble très inquiétant. Il aboutirait à l’obligation d’une isolation intérieure avec laine de verre et placoplâtre. Adieu donc grands volumes, gypseries, boiseries, plafonds à la française, décors peints... et tout ce qui fait de charme de l’ancien.
Il nous semble absolument indispensable que les associations de sauvegarde du patrimoine se battent pour l’obtention de dérogations (comme cela été fait pour l’isolation extérieure) et la création de normes spécifiques, adaptées au bâti ancien.